Politique Energétique Suisse

Stratégie énergétique 2050

Le Conseil fédéral souhaite continuer de garantir une sécurité élevée de l'approvisionnement énergétique en Suisse, mais sans le nucléaire à moyen terme. C'est ce qu'il a décidé le 25 mai 2011. Les centrales nucléaires actuelles seront mises à l'arrêt à la fin de leur durée d'exploitation et ne seront pas remplacées. Afin de garantir la sécurité d'approvisionnement, le Conseil fédéral table, dans le contexte de sa nouvelle stratégie énergétique 2050, sur des économies accrues (efficacité énergétique), sur le développement de la force hydraulique et des nouvelles énergies renouvelables et, au besoin, sur la production d'électricité à base de combustible fossile (installations de couplage chaleur-force, centrales à gaz à cycle combiné) ainsi que sur les importations. Il s'agira par ailleurs de développer rapidement les réseaux d'électricité et d'intensifier la recherche énergétique.

Politique énergétique internationale

L'approvisionnement énergétique de la Suisse dépend pour près de 80% des importations de combustibles et de carburants fossiles ainsi que de combustibles nucléaires. Même l'approvisionnement en électricité ne peut se passer des importations, du moins pendant les mois d'hiver.

Cette forte dépendance par rapport aux importations, la nécessité de garantir la sécurité de l'approvisionnement ainsi que les objectifs de durabilité inscrits dans la politique énergétique suisse exigent une étroite collaboration de la Suisse avec les organisations internationales du secteur et les autorités étrangères concernées. S'agissant de cette collaboration, différentes priorités ressortent d'un rapport du Conseil fédéral datant de 2008 portant sur la politique énergétique extérieure de la Suisse.

Les contacts avec les pays voisins font l'objet d'un suivi régulier au niveau du Conseil fédéral et de la direction de l'Office fédéral de l'énergie. La collaboration s'étend à de nombreux domaines tels que la sécurité de l'approvisionnement, la promotion des énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et la recherche. La Suisse développe en outre des partenariats énergétiques avec certains Etats extérieurs à l'Union européenne (Azerbaïdjan, Turquie, Emirats arabes unis et Russie) avec pour objectif d'encourager les sources d'énergie renouvelables et l'efficacité énergétique dans ces pays. Par ailleurs, ces partenariats prennent place dans le contexte de l'exploitation du corridor gazier sud-européen, essentielle pour la Suisse.

Garantir la position de la Suisse au sein du marché européen de l'énergie figure au premier plan des discussions avec l'Union européenne. Depuis 2007, la Suisse négocie un accord sur l'électricité avec l'Union européenne, l'objectif à long terme étant de parvenir à un accord général portant non seulement sur l'électricité, mais aussi sur les infrastructures, l'efficacité énergétique et le gaz naturel.

La Suisse s'investit également pour que la politique énergétique globale soit élaborée principalement dans le cadre d'organismes multilatéraux comme l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), la Charte de l'énergie ainsi que l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), étant donné qu'elle peut y intervenir en tant que membre.

Approvisionnement en électricité

En Suisse, l'approvisionnement en énergie électrique est assuré par près de 850 entreprises d'approvisionnement en électricité (EAE). Nombre d'entre elles appartiennent à des villes et à des communes dont elles assurent également l'approvisionnement en eau et en gaz à titre de sociétés mixtes de distribution. Dans certains cantons et villes, une seule entreprise verticalement intégrée se charge de toute la chaîne d'approvisionnement, tandis que dans d'autres cantons, l'approvisionnement est assuré par plusieurs entreprises différentes. Le capital social des EAE totalise quelque 5,2 milliards de francs suisses, dont près de 83% sont entre les mains des pouvoirs publics et environ 17% entre celles de sociétés privées (sociétés étrangères incluses) [chiffres pour 2007].

En 2009, la consommation finale d'électricité a atteint 57,5 milliards de kilowattheures et la production des centrales indigènes s'est élevée à 66,5 milliards de kilowattheures. Le commerce de courant transfrontalier joue un rôle important pour la Suisse, tant sur le plan économique que sur celui des techniques mises en œuvres pour assurer l'approvisionnement: en 2009, 52 milliards de kilowattheures ont été importés et 54,2 milliards de kilowattheures ont été exportés. En 2009 toujours, le solde du commerce extérieur d'électricité avoisinait 1,5 milliard de francs suisses.

Les ménages, l'industrie et le secteur des services représentent chacun un tiers environ de la consommation finale d‘électricité. La part de l'électricité dans les besoins globaux en énergie est de quelque 23%.

La production indigène d'électricité se répartit entre les centrales hydrauliques suisses (55%), les centrales nucléaires (40%) ainsi que les installations thermiques conventionnelles et les nouvelles énergies renouvelables (5%).

source: www.bfe.admin.ch

Créé: 22.3.2012, 10h47

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