Débug
Un groupe genevois et un belge sauvent Cressier
Par Roland Rossier | 24 heures
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«Alea jacta est! » Le sort en est-il vraiment jeté concernant la raffinerie neuchâteloise de Cressier? Hier, cette mauvaise saga, qui a débuté juste après Noël avec la cessation des activités du groupe Petroplus, a connu un nouveau rebondissement. Le négociant genevois Vitol et le groupe financier belge AtlasInvest ont annoncé la reprise du site neuchâtelois. Le raffinage pourrait reprendre au début de l’été. L’ensemble du personnel – environ 260 collaborateurs – pourrait être repris.
C’est à travers une nouvelle entité, Varo Holding SA, société récemment créée et située dans les locaux genevois de Vitol, que l’opération se fait. Dans un communiqué, Varo Holding précise reprendre un certain nombre d’actifs. AtlasInvest est une société financière belge qui affirme avoir investi 1 milliard de dollars dans le secteur énergétique sur le plan international. En février dernier, ce groupe a déjà sauvé une autre raffinerie de la défunte Petroplus, celle de Coryton, en Grande-Bretagne.
Le propriétaire d’AtlasInvest, l’homme d’affaires belge Marcel van Poecke, n’est pas un inconnu dans cette affaire: il était l’un des importants actionnaires de Petroplus avant que ce groupe entre en Bourse en 2006, dans ce qui fut l’un des plus gros coups financiers et pétroliers jamais réalisé en Suisse.
Le second partenaire, Vitol, est un négociant de pétrole qui emploie plus de 2800 collaborateurs dans le monde, dont 170 à Genève. Fondé en 1966 à Rotterdam, c’est aujourd’hui un des acteurs majeurs parmi les groupes indépendants. Son chiffre d’affaires est d’une taille à faire même pâlir son rival Glencore: 297 milliards de dollars (en 2011, face à 206 milliards en 2006), ce qui le propulse au premier rang du classement des entreprises helvétiques. Bref, c’est un partenaire de poids. Vitol s’enorgueillit d’appartenir à ses employés: 360 d’entre eux possèdent ce roi du négoce.
Thierry Grosjean, conseiller d’Etat neuchâtelois en charge de l’Economie, s’est félicité de cette opération, tout comme l’Union Pétrolière, qui est convaincue que la Suisse a tout à gagner en maintenant en état de marche ses raffineries. Le syndicat Unia, en revanche, est plus circonspect. «Nous n’avons reçu aucune garantie quant au maintien des conditions de travail des salariés ou à la pérennité du site à moyen ou long terme», réagit Loïc Dobler.
Le sort en est-il jeté? Marcel van Poecke adore en tout cas cette expression latine. En novembre 2006, c’est via Alea lacta Est B.V., une société de droit néerlandais, que cet Anversois réalisait, en compagnie du groupe financier américain Carlyle, l’entrée en Bourse suisse de Petroplus. L’homme d’affaires belge était alors l’un des principaux actionnaires de Petroplus.
Créé: 04.5.2012, 4h52
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