Débug
Retour de Solar Impulse: «C’est le genre de mission qui soude une équipe»
Par Frédéric Ravussin | 24 heures
© DR
Payerne - Ouarzazate (Maroc) et retour, via Rabat, Madrid et Toulouse: tel est l’exploit accompli par l’équipe de Solar Impulse. Un exploit de plus de 5000 kilomètres qui devrait être bouclé ce soir aux environs de 20 h quand le prototype piloté par Bertrand Piccard se posera sur le tarmac de Payerne. Alors que l’appareil solaire survole la France nous avons joint l’autre pilote de ce défi technologique.
André Borschberg, comment se présente cette dernière journée d’un pari engagé le 24 mai dernier avec le décollage depuis l’aérodrome de Payerne?
- Tout semble aller pour le mieux. Les conditions sont bonnes et l’avion a décollé de Toulouse à l’heure prévue (7 heures, ndlr.) et survole actuellement le Massif central.
Bertrand Piccard est actuellement aux commandes d’un appareil que vous avez également dirigé, n’est-ce pas?
- J’ai effectivement effectué quatre des huit vols de cet aller-retour: les passages un peu particuliers des Pyrénées et de l’Atlas marocain, qui sont des zones potentiellement très turbulentes et venteuses. Lors de l’étape Rabat - Ouarzazate, j’ai d’ailleurs subi un premier échec, puisque l’avion ne prenait pas suffisamment de hauteur et que je suis retourné au point de départ.
- Pour finalement boucler cette étape un peu plus tard. Quel bilan tirez-vous de ce premier vol intercontinental réalisé par un avion fonctionnant uniquement à l’énergie solaire?
- Il est extrêmement positif, pour deux raisons. D’abord parce que nous avons rencontré au Maroc des gens très motivés par l’énergie solaire, qui sont d’autant plus conscientes de son potentiel qu’ils ont pu voir qu’elle permettait de faire voler un avion. Ensuite, parce que nous avons réalisé un genre de mission qui soude une équipe, ce qui est très important en vue de notre projet de tour du monde. Nous avons en effet vécu des moments très forts avec des missions qui commençaient à minuit pour s’achever 24 heures plus tard. Et puis, ces vols à des altitudes de 8000, 10 000, voire 12 000 mètres pour passer au-dessus de l’Atlas et des Pyrénées sont vraiment riches en enseignements. Passer ces deux chaînes de montagnes, c’est vraiment deux gros morceaux.
A vous entendre, tout s’est déroulé sans accroc…
- J’ai quand même connu deux moments délicats, à titre personnel. J’ai été une fois atteint du mal de l’altitude, parce que j’ai utilisé mon masque à oxygène trop tard. C’était très pénible à vivre. Et puis, lors du deuxième vol sur Ouarzazate, je suis monté trop vite très haut (j’ai volé plusieurs heures à 9000 mères) et j’étais habillé trop légèrement. J’ai donc eu très froid, au point où mon corps se mettait à trembler sans que je puisse le contrôler. On prend alors réellement conscience de la fragilité de l’homme à pareille hauteur sans cabine pressurisée et système de chauffage. Mais tout s’est bien terminé et c’est au final une expérience très enrichissante pour la suite de notre projet.
Créé: 24.7.2012, 11h20
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