La stratégie énergétique suscite déjà des critiques

Par ATS/C.Z.

Le président d’EconomieSuisse estime que les coûts de la sortie du nucléaire seront bien plus élevés que prévu

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Le président d’EconomieSuisse, Gerold Bührer, critique vivement la stratégie énergétique du Conseil fédéral. Au lieu de dire de manière transparente que la sortie du nucléaire aura des effets douloureux, on essaie de distiller les informations à dose homéopathique, dit-il dans une interview publiée hier par le journal alémanique Sonntag. Comment l’exploitation de centrales à gaz n’aura pas d’effets négatifs sur le climat reste un mystère pour lui. Et compte tenu de la croissance démographique et économique, le président de la Fédération des entreprises suisses considère qu’une réduction de la consommation n’est «pas plausible».

 

Certes, le Conseil fédéral a admis la semaine dernière que les coûts de cet abandon de l’atome seront sensiblement plus élevés que ce qui était estimé l’année passée. Mais, selon Gerold Bührer, «au final, les chiffres seront certainement encore beaucoup plus élevés». La hausse des coûts sera aussi massive dans le réseau des infrastructures, estime- t-il. Et, prévient-il, si le tournant énergétique visé ne peut être mis en oeuvre à un coût raisonnable, il risque de détruire davantage de places de travail qu’il n’en créera. Pour Gerold Bührer, il faut donc continuer à développer la technologie nucléaire.

 

«La sortie du nucléaire n’a pas encore été décidée en votation populaire », ajoute Hans Schweickardt, président du groupe électrique Alpiq, dans une interview au Matin Dimanche. «Si la politique énergétique 2050 est réalisable et passe le cap d’une votation, nous l’appliquerons», précise le Germano-Suisse, qui se dit «en faveur du nouveau renouvelable, mais dans l’échelle du réalisable».

 

Si la Suisse peut couvrir ses besoins en 2035 demanière concurrentielle avec le nouveau renouvelable, Hans Schweickardt est prêt à aller de l’avant. «Si ce n’est pas possible, nous aurons besoin de grandes centrales. A gaz ou nucléaires, selon ce que la population est prête à accepter.»

 

Le patron du groupe électrique Axpo, Heinz Karrer, s’exprime, lui, avec une certaine bienveillance sur la stratégie du gouvernement. Dans une interview publiée par le SonntagsBlick, il estime que le Conseil fédéral a réussi à combiner vision et pragmatisme. Mais 2050 est encore très loin. Il ajoute que la décision d’Axpo d’arrêter les deux centrales nucléaires de Beznau en 2020 déjà dépendra de la sécurité. Selon la Sonntags-Zeitung, le même dossier aurait créé des remous la semaine dernière au Conseil fédéral. Eveline Widmer-Schlumpf aurait critiqué les plans de Doris Leuthard, les jugeant incomplets. Dans la foulée, le gouvernement aurait prié les deux femmes d’élaborer des propositions de financement pour la sortie de l’atome.

Créé: 23.4.2012, 0h00

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