La sortie de l'atome sera plus chère que prévu

Par ats/Newsnet

Le président d'economiesuisse Gerold Bührer critique vivement le Conseil fédéral. Il n'en doute pas: sortir du nucléaire coûtera plus cher qu'annoncé.

Gerold Bührer, le président d'economiesuisse. Image: Keystone

 

Au lieu de dire de manière transparente que la sortie du nucléaire aura des effets douloureux, on essaie de distiller les informations à dose homéopathique, dit-il.


Comment l'exploitation de centrales à gaz n'aura pas d'effets négatifs sur le climat reste un mystère pour lui, explique-t-il dans une interview publiée par le journal alémanique Sonntag. Et compte tenu de la croissance démographique et économique, le président de la Fédération des entreprises suisses considère qu'une réduction de la consommation d'énergie n'est «pas plausible».



Le Conseil fédéral a certes admis cette semaine que les coûts de la sortie du nucléaire seront sensiblement plus élevés que ce qui était estimé l'année passée. Mais selon Gerold Bührer, «au final, les chiffres seront certainement encore beaucoup plus élevés».



La hausse des coûts sera aussi massive dans le réseau des infrastructures, estime le président d'economiesuisse. Si le tournant énergétique visé ne peut pas être mis en oeuvre à des coûts raisonnables, il risque de détruire davantage de places de travail qu'il n'en créera, avertit-il.



Pour Gerold Bührer, il faut continuer à développer la technologie nucléaire. Si un bond en avant se révèle possible en matière de sécurité, la question de nouvelles centrales nucléaires doit être réévaluée.



Axpo décidera en 2017

Le patron du groupe électrique Axpo Heinz Karrer s'exprime de manière un peu plus diplomatique sur la stratégie du gouvernement dans une interview publiée par le SonntagsBlick. Selon lui, le Conseil fédéral a réussi à combiner vision et pragmatisme. Mais 2050 est encore très loin.



La décision d'Axpo d'arrêter les deux centrales nucléaire de Beznau en 2020 déjà dépendra de la sécurité. Si en 2017 elles ne sont plus considérées comme sûres, elles seront débranchées. Si au contraire elles sont encore considérées comme sûres, elles continueront à être exploitées, espère Heinz Karrer.



Axpo doit envisager toutes les options. L'entreprise continue à investir dans Beznau, mais elle prépare aussi l'éventuelle construction d'une centrale à gaz, précise son patron. Axpo ne doit toutefois pas encore prendre cette décision maintenant; elle le fera au plus tôt en 2017.



La construction d'une centrale à gaz dépend de l'accord bilatéral sur l'énergie avec l'Union européenne. Ce n'est qu'après avoir adhéré au système de certificats d'émissions de CO2 de l'UE que l'on pourra acquérir des certificats au plan européen et compenser les émissions de CO2, estime Heinz Karrer. Sans cela, les conditions économiques ne seront pas du tout remplies.

Créé: 22.4.2012, 0h00

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