Débug
«On nous cache le vrai prix de l'électricité nucléaire»
Par Newsnet
Le conseiller national Christian van Singer s'insurge contre le prix de l'électricité artificiellement bas que permet l'insuffisance des réserves pour la gestion future des déchets. Image: CATHERINE LEUTENEGGER
«C’est pire qu’inadmissible!» C’est ainsi que Christian van Singer (Verts/VD) qualifie la réponse du Conseil fédéral à sa question de lundi dernier. Le conseiller national Vert interrogeait le gouvernement sur la problématique de la sous-capitalisation des centrales nucléaires suisses.
Cet artifice comptable permet ainsi de maintenir le prix de l’électricité nucléaire artificiellement bas et surtout met en péril le financement du démantèlement des centrales nucléaires et la gestion future des déchets. C’est du moins la thèse de l’économiste Kaspar Müller dont les résultats de l’étude qu’il a menée sur les centrales de Leibstadt et Gösgen ont été largement relayés par la NZZ am Sonntag. Christian van Singer a porté cette interrogation au Conseil fédéral.
L’argent va manquer
«Le Conseil fédéral ne répond pas sur le fond, s’insurge Christian van Singer. Il ne donne qu’une réponse juridique – la loi le permet, donc circulez! – mais n’entre pas sur le fond de la problématique qui est politique.»
Mais Christian van Singer s'étonne aussi du laisser-faire du Conseil fédéral: «Il admet toutefois dans sa réponse que la situation n’est pas satisfaisante. Mais si on ne fait rien, à la fin de l’exploitation de ces centrales nucléaires ce seront les collectivités publiques et les générations futures qui devront payer la note, car ces exploitants n’auront pas provisionné le financement nécessaire!»
En clair, il va manquer de l'argent pour assurer le démantèlement et surtout la gestion des déchets lorsque les réacteurs nucléaires seront en fin de vie. Et comme le souligne l'écologiste vaudois en colère: «Toutes ces astuces permettent de baisser artificiellement le prix de l'énergie nucléaire!»
Les déchets nucléaires en cadeau!
Une problématique particulièrement aiguë pour les centrales de Leibstadt et de Gösgen. Car elles sont gérées par des sociétés anonymes ad hoc, contrairement à celle de Mühleberg par exemple exploitée par les Forces Motrices Bernoises. Cette entreprise dont la production d’électricité nucléaire ne représente qu’une partie de l’activité aura encore toute sa raison d’être, et pourra assumer ses responsabilités, à l’extinction de son réacteur nucléaire. Ce n’est pas le cas des exploitants de Leibstadt et Gösgen.
«Je ne me satisfait pas de la réponse du Conseil fédéral qui me dit que la surveillance du fonctionnement économique des exploitants des centrales ne relève pas de ses attributions. Si! Le Conseil fédéral doit veiller à la sécurité nucléaire de ce pays: s’inquiéter du futur de sociétés sous-capitalisées qui vont laisser en cadeau leurs déchets nucléaires à la collectivité publique en fait partie», tonne Christian van Singer. Le Vert vaudois ne compte pas en rester là et remontera au front avec une motion.
Créé: 21.9.2012, 9h36
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